Edgard de Larminat … ou le refus de l'hiver tranquille

Il y a des vies qui semblent écrites d'avance, et d'autres qui basculent en un instant. Celle d'Edgard de Larminat appartient aux deux catégories à la fois.

En juin 1940, c'est un colonel de quarante-quatre ans, brillant, breveté d'état-major, promis à tous les honneurs d'une carrière classique. Rien ne l'obligeait à prendre de risques : l'avenir lui souriait déjà. Et pourtant, quand l'appel du 18 juin retentit depuis Londres, il est parmi les tout premiers officiers de son rang à y répondre — au prix de son arrestation, d'une condamnation à mort par contumace, et de la confiscation de ses biens. Ce choix, presque seul contre son propre camp, il ne le présente jamais comme un exploit. Simplement comme un devoir qui ne se discute pas.

De ce moment naît un autre homme : celui du désert mauritanien qu'il cartographie et où il plante vingt mille palmiers ; celui de Bir-Hakeim et d'El Alamein ; celui qui rend à la France le port de Bordeaux au printemps 1945. Mais aussi celui que son ami le général Marchand décrit avec tendresse — un marcheur infatigable, un lecteur vorace de Montaigne à Gide, un homme aussi à l'aise sur une péniche à discuter avec les mariniers que sur un champ de bataille.

Le portrait qu'en dresse Marchand est celui d'un « non-conformiste né », d'un gentilhomme fidèle aux traditions mais toujours prêt à désobéir « aux ordres stupides, lorsque le bien du service l'exige ». C'est peut-être là, plus que dans les citations et les décorations, que se niche le vrai personnage.

Et puis il y a la fin, brutale, en juillet 1962 — celle d'un homme qui, jusqu'au dernier jour, n'a jamais su transiger avec l'idée qu'il se faisait du devoir. Son frère Xavier, qui a rassemblé ces pages, refuse d'en dire davantage : « Nous ne troublerons pas ce repos. »

Ce que ces pages racontent, en somme, ce n'est pas seulement la carrière d'un général — c'est le portrait d'un homme resté fidèle à une même exigence intérieure, du front de la Somme en 1916 jusqu'à ce dernier appartement parisien en 1962.

Parenté entre Edgard de Larminat et Jean Charles Nicolas, baron de Larminat
Jean Charles Nicolas, baron de Larminat (1777-1840)
Conservateur de la forêt et maire de Fontainebleau
&1807 Victorine Marrier de Bois d'Hyver (1789-1825)
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Ferdinand de Larminat (1820-1871)
Officier de marine, capitaine de frégate
&1855 Clotilde d'Entraigues du Pin (1832-1915)
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René de Larminat (1859-1921)
Inspecteur principal des Eaux et Forêts
&1889 Madeleine de Seguins-Pazzis d'Aubignan (1861-1953)
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Edgard de Larminat (1895-1962)
Général d'armée, Compagnon de la Libération

La monographie d’Edgard de Larminat, écrite par son frère Xavier, n’est accessible qu’à la famille. Merci de bien vouloir vous identifier.

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