Extrait d'un ouvrage publié par Stan de Larminat en 2029
Louis LARMINAT (o 1629 + Guentrange 6.9.1704 « âgé de soixante et quinze ans environ »)
Epoux 1°) à Metz en 1655 de
Lucie AUGER (alias Oger) (o 1634 + 28.11.1697)
Epoux 2°) à Manom le 10.8.1699 de
Anne RENAULD (alias REINNEAU) (o 57-Guentrange < 1681), fille d'un ancien commissaire des guerres, Jean-Baptiste Renauld, et d'Anne-Marie de Winciel.
La capitulation de Thionville
Louis a 14 ans au moment de la capitulation de Thionville après son encerclement par l'armée de Condé en 1643. Il a 28 ans quand Louis XIV vient à Thionville, en 1657, pour confirmer à cette ville ses privilèges.
Cadet au régiment de Piémont entre 1645-1665
La biographie familiale dit de lui qu'il fut cadet, puis, à 35 ans, officier dans le régiment de Piémont en 1664, qu'il prit part à la bataille de Saint-Gothard (i) sur le Raab en Hongrie, le 1er août 1664, contre les Turcs, sous les ordres du comte de Coligny (ii) et avec le duc de Lorraine (iii).
Au XVIIᵉ siècle, les « cadets » d'un régiment français étaient en pratique des jeunes gens destinés à des fonctions d'officiers subalternes : l'âge courant de recrutement allait de 14 à 25 ans ; l'origine sociale était, majoritairement, la noblesse, petite noblesse ou gentilshommes, et, parfois la bourgeoisie aisée si les moyens financiers existaient ; en effet, il y avait souvent des frais ou l'obligation d'apporter des « sûretés / ressources ». L'accès dépendait beaucoup du patronage du colonel et des usages propres au régiment.
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On peut imaginer que Louis Larminat ait intégré une des compagnies supplémentaires à cette époque, et qu'il ait été originaire :
- soit de Thionville même, juste après la capitulation de Thionville ; cette origine expliquerait que le premier fils de Louis Larminat y soit né en 1657… même si les régiments ne recrutaient pratiquement pas dans une ville conquise.
- soit de Metz... où un certain Didier Larminat se déclarait vers 1650 « bourgeois de Metz » (v) ; cette origine expliquerait que Louis Larminat épouse, en 1655, une « messine »… même si les régiments, sauf cas isolés, recevaient des compagnies supplémentaires levées dans les provinces d'origine des capitaines nommés.
- soit d'une autre région de France, arrivant dans les « bagages » d'un capitaine de compagnie affecté au régiment de Piémont. C'est la thèse de l'historien Michel Persin (vi).
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Le mariage de Louis Larminat en 1655
C'est à cette époque que Louis Larminat épouse Lucie Oger, à Metz vers 1655. On ne sait rien de Lucie Auger (alias Oger) sinon qu'elle ne savait pas signer son nom. Il existait toutefois une famille de notaires à Metz portant ce nom, et d'autres dans toute la Moselle (vii).
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Capitaine au régiment de Piémont
La carrière-type au sein du régiment dépendait fortement des usages du régiment, du patronage et des places vacantes, mais l'échelle suivante est celle qui était la plus courante pour l'infanterie du XVIIe siècle.
- Le Cadet devenait Porte-enseigne / Enseigne quand une place est libre. Il portait l'étendard ou l'enseigne de la compagnie.
- Le grade suivant était le Lieutenant de compagnie, second du capitaine qui commandait la compagnie en l'absence du capitaine.
- Le Capitaine commandait effectivement la compagnie.
- Le cadet pouvait devenir lieutenant dans la fin de l'adolescence / début de la vingtaine si les circonstances étaient favorables ; mais beaucoup restaient cadets plus longtemps faute de place.
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Louis Larminat au régiment de Piémont, face aux Turcs ?
Le régiment de Piémont marcha, l'année suivante, au secours de Vienne, menacée par les Turcs (ix) ; dix-huit de ses compagnies assistèrent à la bataille de Saint-Gothard-du-Raab du 1er août 1664.
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Quand Louis Larminat quitte-il le régiment de Piémont ?
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Il n'existe pas de source fiable qui mentionne le résultat précis du tirage au sort de 1666. On sait seulement que le 28 novembre 1666, M. de la Meilleraye prit le commandement du régiment de Piémont et qu'il quitta Metz, le 28 octobre 1667 pour faire la campagne d'hiver dans le Luxembourg. Peut-être est-ce après cette pose du Régiment à Metz que Louis Larminat jugea bon de quitter le régiment.
Louis Larminat, propriétaire à Thionville
Il est propriétaire d'une maison rue Bruslée à Thionville vers 1670, entre le Magasin du Roy et la Maison des Boulangers.
Par ailleurs, en commun avec sa femme Lucie Auger, il achète le 14.11.1672 à M° Jean Moureau, avocat à Luxembourg, la métairie 'Haashauff' (xii) (alias 'Haashoff', 'Hauweshoff', 'Hasenhoff', ou 'les Gaignages de Hauww') à Guentrange (xiii). Dans cet acte, « Louis Larminat dit Odran » est qualifié de « marchand bourgeois de Thionville ».

Guentrange
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Louis Larminat, maire échevin de Thionville en 1679
Louis Larminat est élu le 25.10.1679 maire-échevin de Thionville, puis est replacé dans cette charge en 1690. Il est continué dans la même qualité par lettres du Roi du 15.9.1692 jusqu'en 1699. Il fut syndic des Pères Capucins de la Ville.
Comment Louis Larminat en est-il arrivé à cette fonction ?
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Le veuvage de Louis et son second mariage
En 1697, Louis perd sa femme, Lucie Auger, décédée le 28 novembre.
Deux ans plus tard, à Manom le 10.8.1699, âgé de 70 ans sonnés, et déjà treize fois grand-père, il décide de se remarier, et épouse Anne Renauld (alias Renaud, Regnault, Reinneau, ou Reinnau), native de Guentrange et fille d'un ancien commissaire des guerres, Jean-Baptiste Renauld de Pompery, seigneur de 02-Salsogne et coseigneur de 02-Ciry (+ Verdun 1696), et d'Anne-Marie de Vinciel (o v. 1663 + 02-Ciry-Salsogne 3.2.1724). Malgré cette brillante ascendance, pas plus que Lucie Auger, elle ne savait signer son nom (xx). Le mariage fait l'objet d'un contrat du 21/07/1699 devant Me Klop. Il en eut un premier enfant 7,5 mois après son mariage et 3 autres, tous nés entre 1700 et 1705.
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Son acte de décès est ainsi rédigé :
Le Sept de Septembre, mil sept cent quatre, a été enterré dans l'Église de Guentrange LOUIS LARMINAT cy-devant Eschevin de Thionville, et depuis habitant du dit Guentrange, âgé de soixante et quinze ans environ, mort le six du dit mois, après avoir été confessé, reçu le Saint Viatique et l'Extrême Onction ; et a été enterré en présence du Sieur Jean-François Larminat, avocat au Parlement, et Jean Larminat, receveur des amendes, lesquels ont signé.
On remarquera le « soixante et quinze ans environ » qui parait bien indiquer que Louis ne possédait pas de pièces d'état-civil.
La succession de Louis Larminat
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La mémoire de Louis Larminat dit Audran se perpétuera probablement jusqu'à son petit-fils Hubert (1703-1772), fils de Jean-François, qui sera lui aussi cadet dans le régiment de Piémont et, ensuite, échevin de Thionville !
Ses enfants
Louis Larminat, dit Audran, eut comme enfants :
Du premier lit :
- Jean-François Larminat (o 57-Thionville 13.8.1657 + y 1.9.1709), filleul de Jean-François Dodran et de Marie Fem Domini de Wassy, bachelier de l'université de Paris, avocat au parlement de Metz, subdélégué de l'intendant de Metz à Thionville,
époux à Thionville le 10.7.1685 deAnne-Marie Helminger (o 57-Thionville 16.5.1657 + 1708), fille de Jean, maire royal de Thionville, et de Catherine Reickinger
- Jean Larminat (o baptisé à 57-Thionville 13.9.1670), filleul de Jean Edinger, maître échevin, « receveur des amendes et espices » au baillage de Thionville,
époux en 1689 deApolline Fourot (o 1670 + 57-Thionville-St-Maximin 2.8.1730), fille de Jean Fourot et de Jeanne Munier
- Pierre Larminat (o Thionville 1.4.1674)
Du second lit :
- Madeleine Larminat (o 19.2.1700 + 20.2.1756),
épouse à 57-Thionville le 30.8.1718 dePhilippe Rocheron (+ < 1765), maître tonnelier, fils de Dieudonné et de Marguerite Potier
- Jean-François Larminat (o Thionville 18.7.1701)
- Jean-Louis Larminat (o Thionville 13.6.1703 + Grand-Hentange 22.7.1739),
époux à Hayange le 20.6.1724 deMarguerite Boyon, dont la postérité devrait être recherchée à Hayange
- Elisabeth Larminat (o 12.4.1705)





