Jean-Charles-Nicolas de Larminat à Fontainebleau

En 1818, Louis XVIII nomme Jean-Charles-Nicolas de Larminat (voir le trombinoscope) maire de Fontainebleau et l’élève au rang de baron. Avec le titre de conservateur des Forêts et Chasse de la Couronne, le baron de Larminat va gérer la forêt de Fontainebleau jusqu’en 1830.

Lorsque le baron de Larminat prend son poste, la forêt est en très mauvais état. De 1790 à 1815, des coupes sombres ont été effectués laissant des grandes surface vides d’arbres. Il fait diminuer les coupes et lance une politique ambitieuse de repeuplement avec plus de 1285 hectares plantés entre 1815 et 1830.

Il introduit de nouvelles espèce d’arbres dans la forêt comme le chêne rouge d’Amérique (Quercus rubra) et le pin laricio ou pin noir (Pinus nigra). Surtout il plante de nombreux résineux sur les terres peu fertiles des rochers et platières. En 1819, à la Gorge du Houx et à différents carrefours forestiers, il fait planter 246 cèdres du Liban. Il introduit aussi des mélèzes, des cèdres rouges de Virginie, des épicéas et différentes espèces de pins. Il est à l’origine d'une expérience botanique : des Pins noirs de Corse, d'Autriche et de Calabre sont greffés sur des Pins sylvestre (Pinus sylvestris) appelé pins du Nord ou pins d’Écosse dans les textes du XIXe siècle. Le but était d'acclimater des espèces nouvelles en créant des porte-graines devant servir de semanciers.

Greffes de pins à Fontainebleau'

Survivance d'une expérience faite par Jean-Charles-Nicolas de Larminat,
de Pins noirs greffés sur des Pins sylvestre

Greffes de pins à Fontainebleau'

Survivance d'une expérience faite par Jean-Charles-Nicolas de Larminat,
de Pins noirs greffés sur des Pins sylvestre

 

Jean-Charles-Nicolas de Larminat a laissé des traces dans toute la forêt de Fontainebleau : ainsi de nombreux lieux rappellent notre famille dans la forêt. Malheureusement, beaucoup de ces lieux étaient début 2000 inclus dans des réserves biologiques intégrales, en principe interdites au public. Peu à peu les chemins s'effacent et les pancartes n'ont pas été remplacées.

  • le "Carrefour Larminat", dans le quartier des « ventes au Diable », à l'intersection des routes de la Croix du Grand Maître, du Bien Aller et de Médicis, à 4 km au S.E de l’obélisque, par la D.148

Le 'Carrefour Larminat'

Le "Carrefour Larminat"
Photo prise lors de la réunion Larminat 2017
par Michel NODÉ-LANGLOIS

 

  • la "roche Larminat" [1]

La 'roche Larminat'

La "roche Larminat"

 

La 'roche Larminat'

La "roche Larminat"

 

  • la "route Larminat", de la route Anaïs à la route de l'Union, dans les Hauteurs de la Solle
  • la "route de l'Hermine", dont on peut penser qu’elle a été nommée par Jean-Charles-Nicolas de Larminat en référence aux armes de sa famille « d’Hermines plain », située à l’est du Carrefour Victor
  • la "route Anaïs" [2], du carrefour des Gorges de la Solle à la route des Accords
  • la "route Félicie" [3], de la route des deux sœurs à la rue Tournante de la Solle. Félicie était le prénom d'une des deux filles de M. de Larminat qui, avec sa sœur Anaïs, donna son nom au « rocher des Deux Sœurs »

La 'route Félicie'

La "route Félicie"

 

  • le "rocher des deux soeurs" sur lequel Adolphe de Saint-Venant, fiancé de Félicie, qui accompagné de l'autre soeur, Anaïs, grava le souvenir d'une de ses promenades [4], sur les hauteurs de la Solle au "Mont Chauvet"

Le 'rocher des deux soeurs'

Le "rocher des deux soeurs"

 

Le 'rocher des deux soeurs'

Le "rocher des deux soeurs"

 

Le 'rocher des deux soeurs'

Le "rocher des deux soeurs"

 

  • le "val des deux soeurs" [5]
  • la "route et le carrefour d'Amélie" (Jurien)
  • le "carrefour Marrier", en face du Vivier, propriété des Marrier, à l'intersection des route du conservateur (ou du législateur), celle du lieutenant Barbeau, de la Belette et Marrier, dans la plaine de Sermaise
  • la "route Marrier", du carrefour du Daguet au Bornage (dans la plaine des 2 couettes)

La 'route Marrier'

La "route Marrier"

 

  • non loin de là, la "route Boisd'Yver", du Carrefour de l'Ermitage de Franchard au carrefour du chêne des Marais
  • et le "carrefour de Boisd'hyver" à l'intersection des routes du cul du chaudron, de la Tournante des Ventes, et de la route Alexandre et de Boisd'hyver
  • la "roche Marrier de Boisd'hyver", route de la Butte aux Aires, 100 m en contrebas du croisement avec le sentier N°1

La 'roche Marrier de Boisd'hyver'

La "roche Marrier de Boisd'hyver"
M DE B IN R (IN R pour Inspecteur Royal)

 

  • le "Carrefour d'Achille", à l'intersection des routes d'Achille, de Barbeau, de l'Hermine
  • et la "route d'Achille", de la Seine au terroir de Bois-le-Roi (Plaine de Sermaise), route ouverte en 1706
  • le "Carrefour de Victor" à l'intersection des routes d'Achille, Victor, Marrier, et de l'Inspecteur
  • la "route Victor", de la route nationale 5bis à la Seine
  • le Chêne "Larminat et le chêne "Bois d’Hyver [6]

 


 

[1] Site en réserve biologique interdit au public depuis 1960. Elle fait partie d’un sentier créé par Denecourt qui donna des noms de sites, sous Louis-Philippe. Ces noms étaient marqués d’une lettre en peinture bleue. Ils sont indiqués dans les guides de Denecourt 1855. Le Rocher Larminat est indiqué sous la lettre G dans le Guide Denecourt de 1855 décrit les environs : « Voici la lettre E indiquant les roches et le chêne d'Auguste Luchet. Un instant après vous passez sur un point marqué de la lettre F, c'est le belvédère de Legros. Immédiatement la lettre G désigne le rocher Larminat, composé de belles masses de grès offrant des deux côtés des aspects diversement curieux.
Suivez quelques pas encore cette agreste galerie d'où vous dominez si bien les profondeurs du site, pour incliner ensuite à gauche entre d'autres roches non moins belles, non moins remarquables, et passer aussi parmi des pampas de houx toujours verts, toujours piquant.
Voici un vieux chêne dont la base, s'étendant singulièrement sur un grès, présente une ténébreuse cavité, c'est le Montalembert ; il est marqué d'une croix. Le trajet, les rochers, tout devient de plus en plus solitaire et d'un aspect sombre. La lettre vous annonce un passage plus mystérieux encore, mais encaissé d'une manière formidable, c'est la galerie du rocher de Jean-Jacques Rousseau, à la sortie de laquelle vous verrez l'Actéon, vieux hêtre qui semble posté là comme pour protéger cette solitude. 
»
Mais le Guide du Touring Club de France de 1930 localise la roche Larminat sous la lettre E, réservant la lettre G au passage Boisd’Hyver.

[2] Sur certaines cartes, il y a confusion entre les routes Anaïs et Larminat.

[3] La pancarte « route Félicie », était renversée en 2007 et le chemin n'avait pratiquement plus de marque au sol et pouvait être considéré comme en voie de disparition.

[4] Inscription gravée sur une roche avec la date de 1829, à l'occasion d'une fête en forêt, pour le mariage de l'une des filles de M. de Larminat avec M. de Saint-Venant.
En matière d'art, ce rocher a inspiré : Assiette de Sèvres, Le rocher dit des Deux-Sœurs - Castellan, eau-forte - Ciceri, aquarelle - Leroy (Ls-J.). S. 1847, Dessous de bois aux environs du Rocher des Deux-Soeurs; lithographie, 1855 - Lithographies Denecourt, et chez Calais, à Fontainebleau.
Un texte de Denecourt de 1855 donne des détails : « Le rocher des Deux Sœurs, rendu accessible sous la restauration, par M. de Larminat, conservateur de la forêt, ne doit point son nom, comme on serait tenté de le supposer, à quelque romantique histoire, mais tout simplement à une galanterie, à un procédé de courtoisie envers les deux filles de M. le conservateur, dont l'une se nommait Anaïs et l'autre Félicie. C'est principalement à M. de Saint Venant, capitaine de l'ex-garde royale qu'est due l'inscription suivante gravée sur la plus imposante roche du site « Rocher des Deux Sœurs, 1829 ». Disons que cet officier est devenu l'époux de la plus jeune des deux sœurs. Voilà au su et vu de toute la ville de Fontainebleau, la courte mais véridique histoire de notre rocher des Deux Sœurs, toute autre version ne serait rien moins que fabuleuse. »
Le rocher, situé en zone de réserves biologiques, n'est plus balisé.

[5] Le guide de 1930 de l’Automobile Club de France le localise entre le passage Bois-d’Hyver et le Rendez-vous des artistes

[6] Ils sont localisés sous la lettre T sur la route sableuse des Ligueurs, près de croisement allant à "la Fontaine Sanguinède" (source : Guide ACF 1930).

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Découvrez le journal de Joseph de Larminat fuyant, en 1940, Etreillers (près de Saint-Quentin dans l'Aisne) dont il est le curé.