La vie agitée de Marie-Anne-Louise MARTIN

Ne. MARTIN (o v. 1720 + > 1785), célèbre claveciniste de son temps, épouse 1°) de N. de la RURE (alias LARARD ?) sous-fermier général, 2°) en 1785 de N, comte de MORET (o 1752) cavalier de la compagnie écossaise, âgé de 33 ans quand sa femme en avait 75 ! dont :

    a) N. marquis de la RURE.

Cette autre biographie est tirée des Mémoires de Luynes :

« Mme de Luynes fit pour la première fois, avant-hier, cette fonction de surintendante pour recevoir les serments des femmes de chambre de la Reine; une des femmes de la reine, nommée Mme de la RURE (alias LARRARD ?), fille de MARTIN, l’apothicaire de la Reine, qui est d’une fort jolie figure et qui joue parfaitement bien du clavecin, a demandé la permission de se retirer, et MARTIN a présenté, pour la remplacer, une autre de ses filles qui est aussi mariée. Il l’amena avant-hier ; on lui donna un carreau, elle se mit à genoux et le secrétaire de Mme de Luynes lut le serment. »

Mademoiselle MARTIN est recrutée au « Parc aux Cerfs ». Le « Parc aux Cerfs » était une réunion de petites maisons près de la cathédrale St-Louis (au 4, rue Saint-Médéric)…. sorte de maison close au pied du château où était rassemblé le harem de Louis XV. Le « Parc aux cerfs » était une véritable garçonnière aménagée par Mme de Pompadour. Jalouse de conserver l’ascendant qu’elle avait sur le Roi, elle avisa aux moyens de satisfaire le goût de ce prince pour les femmes. En conséquence, elle établit à Versailles, en 1754, le Parc aux Cerfs. Le roi s’y rendait clandestinement, se faisant passer pour un riche gentilhomme.

Une des plus célèbres résidente du « Parc aux Cerfs » a été Marie-Louise O’Murphy, maîtresse de Louis XV, immortalisée par François Boucher.

Jules Dubern, dans son « Histoire des reines et régentes de France et favorites des rois » (vol .2, p. 264) écrit ce qui suit : « Des dames élevaient au Parc-aux-Cerfs de jeunes filles destinées aux plaisirs du Roi, et, tous les soirs, en conduisaient successivement une auprès du monarque. On mariait ordinairement avec des dots considérables celles qu’on excluait... Un grand nombre de jeunes personnes se succédèrent dans ce honteux établissement. Presque toutes avaient des surnoms. Parmi elles, Mme de la Rure ... ». Les faits datent des environs de 1767, quand Louis XV avait 57 ans.

« Mme de la RURE » était-il le surnom de Mme de LARRARD ?

Les sources sont confuses.

Edme-Théodore Bourg écrit dans « Amours et galanteries des rois de France... » (vol .3, p. 222) que « Madame de la Rure était la fille d’un apothicaire nommé MARTIN, elle avait reçu une brillante éducation. Louis XV l’entendit chanter et en devint amoureux. Madame de la RURE céda. Cette dame, à 55 ans, se prit de belle passion pour un garde du corps, qui ne répondit point à ses avances. Désespérée de ses rigueurs, elle tomba dans une espèce de mélancolie frénétique qui la conduisit au tombeau. »

Jean Hervez complète cette hypothèse dans « Les chroniques du XVIII°- Le Parc-aux-Cerfs et les Petites Maisons Galantes » que « Madame de la Rure est fille d’un apothicaire appelé MARTIN ; elle avait des talents, et quoique très jolie, c’est moins à sa figure qu’à sa voix, qu’elle dut la conquête qu’elle fit de Louis XV. Mme de la Rure est morte folle : elle se prit de belle passion pour un garde du corps, le plus beau cavalier de la compagnie écossaise ; et comme il ne répondit point à sa passion (Mme de la Rure avait alors 50 ans passés), elle tomba dans une espèce de mélancolie frénétique qui la conduisît au tombeau. »


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