Une visite protocolaire

Jean-Charles-Nicolas et son père vont faire une visite, chez le futur oncle MARRIER, peut-être pour atténuer les risques de rancune qu’on pourrait avoir à son encontre.

Jacques-Marie MARRIER, reste plutôt distant et réservé. Il raconte encore à son fils cette entrevue :

« Ma lettre vient d’être interrompue par la visite de MM. de Larminat, père et fils. Ils sont restés à causer une petite demi-heure et j’ai été fort content des deux personnages.

Le père est un homme de 58 ans, d’une belle figure, ayant le ton de la très bonne compagnie. Il était autrefois commissaire des guerres et chevalier de St-Louis.

Je t’ai dit ce que je pensais du fils. D'après ce que j’ai entrevu, je présume que le mariage se fera vers la fin du mois de Juillet.

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Ils partent demain pour Fontainebleau, et le père reviendra dans 8 ou 10 jours avec Mme de Bois d’Hiver. Les emplettes faites, M. et Mme de Larminat arrivés de Verdun, on s’occupera des fêtes conjugales. Je ne me propose pas d’en être témoin. Ma bourse ne me permet pas de courir le monde pour jouir des plaisirs de ce bas monde. J’aime mieux acquitter mes dettes et rester dans mon coin. » (lettre du 17.6.1807)

 

Le prétendant éconduit

Le père explique à son fils l’attitude qu’il doit avoir vis à vis de sa cousine germaine et de sa tante :

« Mon ami, c’est prendre sagement son parti que de voir, sans dire un mot, les unions qui se forment. Je fais comme toi, des vœux pour que Mme de LARMINAT soit aussi heureuse qu’il est possible. Cependant, je t’avoue que j’ai été fort étonné d’apprendre qu’on avait conclu cette affaire sans me dire un mot du projet que l’on formait. J’ai été de la plus grande réserve dans une réponse et je n’ai pas plus parlé de toi que si on ne te connaissait pas. Tout le monde n’a pas été aussi discret et je crois que le petit oncle sera fort embarrassé lorsque nous nous rencontrerons. Il n’en sera pas de même de ta tante parce qu’elle est enjouée de la manière dont elle a combiné tous ces arrangements….

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Tu as raison de rester tranquille et de ne pas te mettre en frais d’écriture si on te fait part du mariage de ta cousine ; il sera temps, alors, de répondre.

Si, ce qui peut arriver, on ne t’en dit rien, tu agiras en conséquence. Si par hasard, tu avais occasion d’écrire à ton oncle, tu tournerais ton courrier en le priant de ne pas t’oublier auprès de Mme de Bois d’hiver et de ses enfants. » (lettre du 27 juin 2017)


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Découvrez le journal de Joseph de Larminat fuyant, en 1940, Etreillers (près de Saint-Quentin dans l'Aisne) dont il est le curé.